Réprimant un fou rire, ils répondirent que tout allait pour le mieux. Deux de ses amis le soutenaient péniblement car ils faisaient plus d’une tête de moins que lui. Ils n’en pouvaient plus tellement ils riaient, l’un avec des cheveux longs châtains, l’autre châtain mais les cheveux courts, le visage amenant. Ce dernier expliqua, dans un Anglais laborieux à l’accent français plus qu’évident, que c’était sa première cuite, et qu’ils ignoraient s’ils parviendraient à le ramener à la maison. Les saluant, Roy et sa fiancée s’éloignèrent rapidement, pris d’un fou rire incontrôlable.

Après cinq minutes de marche, ils arrivèrent enfin calmes dans Bellevue Park, voulant regarder le ciel et les étoiles. Ils se dirigèrent vers les banc en haut de la petite butte de verdure au centre du jardin. L’endroit était désert, pas de chien, pas de joueur de foot sur le terrain à moitié inondé.

Assis là, main dans la main, les yeux rivés au ciel, malgré le silence ambiant, ils n’entendirent rien venir.

Du haut de son toit, il la vit tourner dans la rue, accompagnée d’un homme. Elle lui plut dés le premier regard : elle était de taille moyenne, les cheveux coiffés en une longue tresse descendant jusqu'à ses hanches un peu larges. 

Sa poitrine était généreuse sans être imposante, son visage était doux. Il émanait d’elle une aura de gentillesse, d’amour, d’innocence.

Contrairement aux autres, elle n’était pas couverte de sueur, mais d’une odeur parfumée.

Il vit le couple être accosté par un nigaud aux cheveux jaunes qui se demandait dans de très rares moments de conscience pourquoi il avait bu tout ça. Il les suivit du regard descendre la rue suivante, et se diriger vers le parc. Il alla de toits en toits dans la même direction, tel un chat chassant une proie sur ses gardes. Il fut à l’ombre d’un arbre avant qu’ils passent la grille d’entrée. Il les épia encore quelques minutes, là-haut sous la Lune qui les baignait d’une lueur blanche. Un nuage couvrit un instant ce disque de lumière.

Lorsque le nuage disparut, ils découvrirent cette présence debout juste devant eux. Il était là, les dévisageant l’air paisible. Il avait un visage légèrement halé, des yeux marrons qui brillaient d’une lueur inhabituelles, quasi hypnotiques. Il semblait avoir vingt-cinq ans, bien rasé, les cheveux bruns coupés assez courts, vêtu d’un jean noir propre, un polo noir à col en V et un blouson de cuir noir. Il hocha la tête sur le coté, un doux sourire aux lèvres.

Page précédente

Page suivante